Comparaison des options chirurgicales et non chirurgicales pour les interventions neurovasculaires
Présentation
Les affections neurovasculaires, englobant toute une série de troubles affectant les vaisseaux sanguins du cerveau, représentent un défi de santé mondial important. Ces affections, telles que les anévrismes cérébraux, les malformations artério-veineuses (MAV), la sténose carotidienne et l'accident vasculaire cérébral ischémique aigu, peuvent entraîner de graves déficits neurologiques, un handicap, voire la mort si elles ne sont pas prises en charge efficacement [1]. La complexité et la nature délicate du système vasculaire cérébral nécessitent des interventions précises et opportunes pour éviter des conséquences catastrophiques. Historiquement, les interventions chirurgicales ouvertes constituaient la pierre angulaire du traitement de nombreuses pathologies neurovasculaires. Cependant, les progrès de la technologie médicale et de l’imagerie ont ouvert la voie à des approches endovasculaires (non chirurgicales) moins invasives, offrant aux patients un éventail plus large de choix de traitement. Cet article vise à fournir une comparaison complète, de style académique, des options chirurgicales et non chirurgicales pour les interventions neurovasculaires, ciblant à la fois les patients cherchant à comprendre leurs parcours de traitement et les professionnels de santé évaluant les stratégies optimales. Il est crucial de comprendre que le choix de l'intervention est hautement individualisé, en fonction de divers facteurs, notamment de l'affection spécifique, de ses caractéristiques, de la santé du patient et de considérations anatomiques.
**Avertissement** : Cet article est destiné à des fins d'information uniquement et ne constitue pas un avis médical. Cela ne remplace pas un diagnostic, un traitement ou des conseils médicaux professionnels. Consultez toujours un professionnel de la santé qualifié pour tout problème de santé ou avant de prendre toute décision liée à votre santé ou à votre traitement.
Comprendre les interventions neurovasculaires
Les interventions neurovasculaires sont des procédures médicales conçues pour traiter les affections affectant les vaisseaux sanguins du cerveau et de la moelle épinière. Les principaux objectifs de ces interventions comprennent la prévention de la rupture des vaisseaux (comme dans les anévrismes), la correction du flux sanguin anormal (comme dans les MAV), la restauration du flux sanguin vers le tissu cérébral ischémique (comme dans le cas d'un accident vasculaire cérébral) ou l'élimination des blocages qui entravent la circulation cérébrale (comme dans la sténose carotidienne) [2]. Ces interventions peuvent être globalement classées en deux types principaux : chirurgicales et endovasculaires. Les interventions chirurgicales impliquent généralement des procédures ouvertes qui nécessitent un accès direct aux vaisseaux sanguins affectés, souvent par le biais d'une craniotomie (ouverture du crâne). Les interventions endovasculaires, à l'inverse, sont des procédures mini-invasives réalisées à partir de l'intérieur des vaisseaux sanguins, généralement accessibles par une petite incision dans l'aine ou le poignet, et guidées par une imagerie en temps réel [3].
Options chirurgicales pour les affections neurovasculaires
Les approches chirurgicales constituent depuis longtemps la référence pour de nombreuses affections neurovasculaires, offrant un traitement définitif dans de nombreux cas. Ces procédures sont souvent caractérisées par une visualisation et une manipulation directes des vaisseaux affectés.
Coupe d'anévrisme
La coupure d'anévrisme est une intervention chirurgicale traditionnelle utilisée pour traiter les anévrismes cérébraux, qui sont des zones affaiblies et bombées de la paroi d'une artère du cerveau. Au cours de cette procédure, un neurochirurgien réalise une craniotomie pour accéder au cerveau et localiser l'anévrisme. Un petit clip métallique est ensuite placé au col de l'anévrisme pour bloquer le flux sanguin vers celui-ci, l'isolant efficacement de la circulation et empêchant sa rupture [4].
- **Indications** : généralement recommandé pour les anévrismes rompus, les anévrismes volumineux ou complexes, ou ceux présentant des caractéristiques qui rendent l'enroulement endovasculaire moins approprié. Il est également envisagé pour les anévrismes dans les endroits où le clipage offre une solution plus durable.
- **Avantages** : offre une occlusion immédiate et permanente de l'anévrisme, avec un très faible taux de récidive à long terme. Il permet une visualisation directe de l'anévrisme et des structures environnantes, permettant au chirurgien de traiter tout hématome ou effet de masse associé.
- **Inconvénients** : très invasif, nécessitant une craniotomie, ce qui comporte des risques tels qu'une infection, une hémorragie, un gonflement du cerveau et des temps de récupération plus longs. La procédure est également associée à un risque plus élevé de déficits neurologiques dans la période postopératoire immédiate par rapport aux options endovasculaires.
Résection d'une malformation artérioveineuse (MAV)
La résection chirurgicale implique l'ablation directe d'une MAV, qui est un enchevêtrement anormal de vaisseaux sanguins reliant les artères et les veines, contournant le tissu cérébral normal. Cette procédure vise à exciser complètement la malformation pour éliminer le risque d'hémorragie et atténuer les symptômes [5].
- **Indications** : principalement pour les MAV symptomatiques (par exemple, provoquant des convulsions, des hémorragies ou des déficits neurologiques), localisées superficiellement, et d'une taille et d'une configuration permettant une ablation chirurgicale en toute sécurité. Il s'agit souvent du traitement privilégié pour les AVM plus petites et accessibles.
- **Avantages** : fournit une guérison immédiate et complète de la MAV, éliminant ainsi le risque d'hémorragie future. Il peut également soulager les symptômes causés par l'effet de masse ou le phénomène de vol de l'AVM.
- **Inconvénients** : invasive, comportant des risques inhérents à la chirurgie cérébrale, notamment des hémorragies, des accidents vasculaires cérébraux et des déficits neurologiques. La complexité et le risque augmentent avec la taille, la profondeur et l'éloquence de la région cérébrale impliquée.
Endartérectomie carotidienne (ECA)
L'endartériectomie carotidienne est une intervention chirurgicale visant à éliminer l'accumulation de plaque dentaire à l'intérieur de l'artère carotide du cou, qui irrigue le cerveau. Cette accumulation, connue sous le nom d'athérosclérose, peut rétrécir l'artère (sténose carotidienne) et augmenter le risque d'accident vasculaire cérébral [6].
- **Indications** : recommandé pour les patients présentant une sténose carotidienne symptomatique (par exemple, accident ischémique transitoire ou accident vasculaire cérébral mineur) avec un rétrécissement de haut grade, et souvent pour les patients asymptomatiques présentant une sténose de très haut grade afin de prévenir de futurs accidents vasculaires cérébraux.
- **Avantages** : Très efficace pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux en éliminant directement la plaque athéroscléreuse. Il a un long historique de succès et est considéré comme durable.
- **Inconvénients** : implique une incision dans le cou et comporte des risques tels qu'un accident vasculaire cérébral, une lésion nerveuse et un infarctus du myocarde. La récupération peut être plus longue que la pose d'un stent.
Revascularisation chirurgicale (par exemple, pour la maladie de Moyamoya)
Des procédures chirurgicales de revascularisation sont effectuées pour améliorer le flux sanguin vers le cerveau dans des conditions où l'apport sanguin naturel est compromis, comme dans le cas de la maladie de Moyamoya. La maladie de Moyamoya est une maladie vasculaire cérébrale rare et progressive caractérisée par le rétrécissement ou l'occlusion des artères carotides internes du crâne, conduisant à la formation d'un réseau de vaisseaux collatéraux minuscules et fragiles [7]. Des procédures telles que le pontage de l'artère temporale superficielle et de l'artère cérébrale moyenne (STA-MCA) connectent directement une artère de l'extérieur du crâne à une artère à la surface du cerveau.
- **Indications** : principalement pour les patients présentant des symptômes de la maladie de Moyamoya (par exemple, accidents vasculaires cérébraux récurrents ou accidents ischémiques transitoires) ou ceux présentant un risque élevé d'événements ischémiques futurs.
- **Avantages** : peut améliorer considérablement le flux sanguin cérébral, réduire le risque d'accident vasculaire cérébral et atténuer les symptômes. Il offre une solution à long terme pour la revascularisation.
- **Inconvénients** : nécessite une chirurgie cérébrale ouverte, avec des risques associés d'hémorragie, d'infection et de complications neurologiques. Le succès dépend de la perméabilité du pontage.
Options non chirurgicales (endovasculaires) pour les affections neurovasculaires
Les techniques endovasculaires ont révolutionné le traitement des affections neurovasculaires, offrant des alternatives moins invasives à la chirurgie traditionnelle. Ces procédures sont réalisées à l'aide de cathéters et de fils guides insérés dans les vaisseaux sanguins.
Enroulement d'anévrisme
L'enroulement d'anévrisme est une procédure endovasculaire dans laquelle un cathéter est guidé depuis une artère fémorale (dans l'aine) ou une artère radiale (dans le poignet) jusqu'à l'anévrisme cérébral. De minuscules spirales de platine sont ensuite déployées dans le sac anévrismal, le remplissant et favorisant la formation de caillots, qui isolent efficacement l'anévrisme de la circulation principale [8].
- **Indications** : largement utilisé pour les anévrismes rompus et non rompus, en particulier ceux présentant une anatomie favorable (par exemple, col étroit). Il est souvent préféré pour son caractère peu invasif.
- **Avantages** : peu invasif, évitant la craniotomie, ce qui entraîne des séjours hospitaliers plus courts, moins de douleur et une récupération plus rapide. Il s'agit souvent d'une option plus sûre pour les patients présentant des comorbidités qui empêchent une chirurgie ouverte.
- **Inconvénients** : risque plus élevé de récidive d'anévrisme par rapport à l'écrêtage, nécessitant potentiellement des procédures répétées. Ne convient pas à toutes les morphologies d'anévrismes (par exemple, anévrismes à col très large). Nécessite un traitement antiplaquettaire pendant une période post-procédure.
Stenting intracrânien et dérivation du flux
Le stenting intracrânien consiste à placer un tube en forme de filet (stent) dans l'artère mère en travers du col d'un anévrisme pour reconstruire la paroi du vaisseau et empêcher les spirales de dépasser dans l'artère principale. Les déflecteurs de flux sont des stents spécialisés dotés d'un maillage beaucoup plus dense qui sont placés dans l'artère mère pour rediriger le flux sanguin loin de l'anévrisme, favorisant ainsi la thrombose et l'occlusion éventuelle de l'anévrisme au fil du temps [9].
- **Indications** : les stents sont souvent utilisés conjointement avec des enroulements pour les anévrismes à col large. Les inverseurs de flux sont particulièrement efficaces pour les anévrismes volumineux, géants ou fusiformes qui ne se prêtent pas à l'enroulement ou au clippage.
- **Avantages** : peu invasif. Les stents fournissent un support structurel pour l'enroulement, tandis que les déflecteurs de flux offrent une option de traitement pour les anévrismes complexes auparavant considérés comme incurables. Ils préservent l'artère mère.
- **Inconvénients** : nécessite une double thérapie antiplaquettaire prolongée pour empêcher la formation de caillots dans le stent, augmentant ainsi le risque de complications hémorragiques. L'occlusion de l'anévrisme est retardée et une imagerie de suivi est nécessaire.
Embolisation des malformations artérioveineuses (MAV)
L'embolisation endovasculaire des MAV consiste à guider un cathéter dans la MAV et à injecter des agents emboliques liquides (par exemple, de la colle, de l'Onyx) ou des particules pour bloquer les vaisseaux sanguins anormaux. Cela réduit le flux sanguin à travers la MAV [10].
- **Indications** : souvent utilisé comme complément préchirurgical pour réduire la taille et l'apport sanguin des grosses MAV, rendant ainsi la résection chirurgicale plus sûre. Il peut également être utilisé comme mesure palliative pour réduire les symptômes ou comme traitement primaire pour les petites MAV chirurgicalement inaccessibles.
- **Avantages** : peu invasif. Peut réduire le risque d’hémorragie et de déficits neurologiques associés aux MAV. Peut faciliter un traitement chirurgical ou radiochirurgical ultérieur.
- **Inconvénients** : fournit rarement une guérison complète à elle seule. Risque d'occlusion incomplète, nécessitant plusieurs séances. Possibilité de complications emboliques (par exemple, accident vasculaire cérébral) si le matériel embolique se déplace vers le tissu cérébral normal.
Angioplastie transluminale percutanée et pose de stent (PTAS) pour la sténose carotidienne et l'athérosclérose intracrânienne
Le PTAS consiste à utiliser un cathéter à ballonnet pour ouvrir les artères rétrécies (angioplastie), puis à placer un stent pour maintenir l'artère ouverte. Ceci est couramment réalisé pour la sténose carotidienne et de plus en plus pour l'athérosclérose intracrânienne symptomatique [11].
- **Indications** : Pour la sténose carotidienne, c'est une alternative à l'ACE, en particulier chez les patients chirurgicaux à haut risque ou ceux présentant une sténose radio-induite. Pour l'athérosclérose intracrânienne, elle est envisagée en cas de sténoses symptomatiques de haut grade réfractaires au traitement médical.
- **Avantages** : peu invasif, évitant une incision du cou. Temps de récupération potentiellement plus court que le CEA. Peut être réalisé sous anesthésie locale.
- **Inconvénients** : risque d'accident vasculaire cérébral péri-procédural (dû au délogement de la plaque), de resténose (rétrécissement de l'artère) et de fracture du stent. Nécessite un traitement antiplaquettaire.
Thrombolyse et thrombectomie mécanique en cas d'AVC ischémique aigu
En cas d'accident vasculaire cérébral ischémique aigu provoqué par un caillot sanguin bloquant une artère du cerveau, une intervention rapide est essentielle. La thrombolyse intraveineuse (par exemple avec l'altéplase) implique l'administration de médicaments dissolvant les caillots. La thrombectomie mécanique est une procédure endovasculaire dans laquelle un cathéter est utilisé pour retirer physiquement le caillot sanguin de l'artère cérébrale obstruée à l'aide de dispositifs tels que des récupérateurs d'endoprothèses ou des cathéters d'aspiration [12].
- **Indications** : la thrombolyse est indiquée pour les patients éligibles se présentant dans un laps de temps étroit (généralement 4,5 heures) après l'apparition des symptômes. La thrombectomie mécanique est indiquée pour les occlusions de gros vaisseaux dans la circulation antérieure, souvent dans les 6 à 24 heures suivant l'apparition des symptômes, en fonction des résultats de l'imagerie.
- **Avantages** : peut restaurer rapidement le flux sanguin vers les tissus cérébraux ischémiques, améliorant ainsi considérablement les résultats neurologiques et réduisant le handicap. Les interventions urgentes sont très efficaces.
- **Inconvénients** : la thrombolyse comporte un risque de transformation hémorragique. La thrombectomie mécanique comporte des risques de perforation vasculaire, de dissection et d'embolisation distale. Les deux nécessitent des centres hautement spécialisés et un transport rapide des patients.
Radiochirurgie stéréotaxique (par exemple, Gamma Knife pour les MAV/malformations caverneuses)
La radiochirurgie stéréotaxique (SRS), telle que la radiochirurgie Gamma Knife, est un traitement non invasif qui utilise des faisceaux de rayonnement hautement focalisés pour cibler et traiter des anomalies spécifiques du cerveau, telles que les MAV ou les malformations caverneuses cérébrales (CCM). Il ne s'agit pas d'une intervention chirurgicale au sens traditionnel, puisqu'aucune incision n'est pratiquée [13].
- **Indications** : pour les MAV, il est souvent utilisé pour les MAV plus petites et inopérables ou celles situées dans des régions cérébrales éloquentes. Pour les CCM, cela peut être envisagé pour les lésions symptomatiques inaccessibles chirurgicalement ou situées dans des zones à haut risque.
- **Avantages** : non invasif, précis et généralement bien toléré. Évite les risques d’une chirurgie ouverte. Peut être une option pour les patients qui ne conviennent pas à d'autres interventions.
- **Inconvénients** : L'effet thérapeutique est retardé (des mois, voire des années, pour que les MAV s'occultent). Possibilité de complications radio-induites (par exemple, œdème, radionécrose) et risque continu d'hémorragie pendant la période de latence.
Analyse comparative : approches chirurgicales et endovasculaires
La décision entre une intervention chirurgicale et une intervention endovasculaire est complexe, nécessitant souvent une discussion multidisciplinaire impliquant des neurochirurgiens, des neuroradiologues interventionnels, des neurologues et le patient. Les principaux facteurs influençant cette décision comprennent le caractère invasif, le temps de récupération, l'efficacité, la durabilité et les risques spécifiques.
| Fonctionnalité | Interventions chirurgicales | Interventions endovasculaires | | :------------------- | :------------------------------------------------------ | :------------------------------------------------------------ | | **Caractère invasif** | Très invasif (p. ex. craniotomie, incision du cou) | Mini-invasive (par exemple, basée sur un cathéter) | | **Temps de récupération** | Séjours hospitaliers et périodes de récupération généralement plus longs | Des séjours hospitaliers plus courts et une récupération plus rapide | | **Efficacité et durabilité** | Souvent immédiat et très durable (par exemple, coupure d'anévrisme, résection d'une MAV) | Variable; certains ont des taux de récidive plus élevés (par exemple, coiling), d'autres ont un effet retardé (par exemple, dérivation du flux, radiochirurgie) | | **Risques** | Risques chirurgicaux généraux (infection, hémorragie, anesthésie, déficits neurologiques) | Risques spécifiques à la procédure (par exemple, dissection vasculaire, complications antiplaquettaires, exposition aux radiations) | | **Adéquation du patient** | Généralement pour les patients en meilleure santé, caractéristiques spécifiques de la lésion (taille, localisation, morphologie) | Applicabilité plus large, y compris les patients chirurgicaux à haut risque ; caractéristiques spécifiques des lésions (par exemple, anévrismes à col large pour la pose d'un stent) | | ** Rentabilité ** | Coût initial souvent plus élevé en raison du séjour hospitalier et des ressources chirurgicales | Coût initial potentiellement inférieur, mais peut entraîner des coûts pour des procédures répétées ou une médication prolongée |
Caractère invasif
Les procédures chirurgicales, de par leur nature, sont plus invasives, nécessitant des incisions et une manipulation directe des tissus. Cet accès direct permet un retrait complet ou une réparation définitive mais comporte les risques inhérents à la chirurgie ouverte. Les procédures endovasculaires, à l'inverse, utilisent de petites ponctions et naviguent dans les vaisseaux sanguins existants, réduisant ainsi considérablement la rupture des tissus et les traumatismes associés [14].
Temps de récupération
Le caractère invasif est directement lié au temps de récupération. Les patients subissant une chirurgie ouverte nécessitent généralement des séjours hospitaliers plus longs, des soins postopératoires plus intensifs et des périodes prolongées pour un rétablissement complet. Les patients endovasculaires subissent souvent des hospitalisations plus courtes, moins de douleur et un retour plus rapide aux activités quotidiennes en raison de la nature peu invasive des procédures [15].
Efficacité et durabilité
Pour certaines affections, telles que les anévrismes cérébraux, la coupure chirurgicale offre une occlusion immédiate et très durable avec des taux de récidive à long terme très faibles. L'enroulement endovasculaire, bien que moins invasif, peut entraîner un taux de récidive plus élevé, nécessitant une imagerie de suivi et potentiellement des procédures répétées. Cependant, les progrès des techniques endovasculaires, telles que la dérivation du flux, améliorent l'efficacité à long terme pour les anévrismes complexes. Pour les MAV, la résection chirurgicale permet une guérison immédiate, alors que l'embolisation ou la radiochirurgie peuvent avoir des effets retardés ou incomplets [16].
Risques et complications
Les interventions chirurgicales et endovasculaires comportent des ensembles de risques distincts. Les risques chirurgicaux comprennent ceux associés à une anesthésie générale, une infection, une hémorragie importante et des lésions directes des tissus cérébraux ou des nerfs, pouvant conduire à des déficits neurologiques permanents. Les risques endovasculaires sont souvent liés à la manipulation du cathéter (par exemple, dissection vasculaire, perforation), à la néphropathie induite par le produit de contraste, à l'exposition aux radiations et aux complications du traitement antiplaquettaire (par exemple, saignement). Le choix de la procédure implique de soigneusement peser ces risques par rapport aux bénéfices potentiels pour chaque patient [17].
Adéquation du patient
Les facteurs spécifiques au patient jouent un rôle essentiel dans la détermination du traitement le plus approprié. L'âge, l'état de santé général, la présence de comorbidités (par exemple, maladie cardiaque, maladie rénale) et les caractéristiques spécifiques de la lésion neurovasculaire (taille, localisation, morphologie, état de rupture) influencent tous le processus décisionnel. Par exemple, les patients âgés ou ceux présentant des comorbidités importantes peuvent être de meilleurs candidats pour des procédures endovasculaires moins invasives, tandis que les patients plus jeunes et en meilleure santé présentant certains types de lésions pourraient bénéficier davantage du caractère définitif de la chirurgie ouverte [18].
Approche et prise de décision centrées sur le patient
La prise en charge optimale des affections neurovasculaires est rarement simple et bénéficie souvent d'une **approche d'équipe multidisciplinaire**. Cette équipe comprend généralement des neurochirurgiens, des neuroradiologues interventionnels, des neurologues et d'autres spécialistes qui évaluent collectivement l'état du patient, discutent de toutes les options de traitement disponibles et formulent un plan de traitement personnalisé. Cette approche collaborative garantit que tous les aspects de la santé du patient et les caractéristiques de la lésion sont pris en compte [19].
**La prise de décision partagée** est primordiale. Les patients et leurs familles participent activement à la compréhension du diagnostic, de la justification des traitements recommandés, des avantages potentiels, des risques et des alternatives. Ce processus permet aux patients de faire des choix éclairés qui correspondent à leurs valeurs, préférences et mode de vie. Des facteurs tels que le temps de récupération souhaité, la tolérance au risque et les perspectives à long terme font tous partie intégrante de cette discussion.
Orientations futures des interventions neurovasculaires
Le domaine des interventions neurovasculaires évolue continuellement, grâce aux progrès rapides des technologies d'imagerie, au développement d'appareils et à une compréhension plus approfondie de la physiopathologie neurovasculaire. Les innovations en matière d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique commencent à faciliter le diagnostic, la stratification des risques et la planification du traitement. Le développement de nouveaux dispositifs endovasculaires plus flexibles et plus sûrs, ainsi que de techniques chirurgicales raffinées, promettent d'élargir davantage les options de traitement et d'améliorer les résultats pour les patients. La médecine personnalisée, qui consiste à adapter les traitements en fonction de la constitution génétique d'un individu et des caractéristiques spécifiques de sa maladie, est également un domaine de recherche actif et est très prometteuse pour l'avenir [20].
Conclusion
Les interventions neurovasculaires ont subi une profonde transformation, passant de procédures chirurgicales principalement ouvertes à un paysage diversifié comprenant des techniques endovasculaires très sophistiquées. Les options chirurgicales et non chirurgicales offrent des avantages et des inconvénients uniques, et le choix entre elles est une décision nuancée guidée par l’état neurovasculaire spécifique, les caractéristiques du patient et l’expertise d’une équipe médicale multidisciplinaire. Alors que les interventions chirurgicales apportent souvent des solutions immédiates et durables, les approches endovasculaires offrent un caractère moins invasif et une récupération plus rapide. L'évolution continue de ces techniques continue d'améliorer le pronostic des patients atteints de troubles neurovasculaires complexes, soulignant l'importance de soins individualisés et centrés sur le patient.
Références
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