Études cliniques sur les traitements des hémorroïdes et des fistules : une revue
Je. Introduction
Les hémorroïdes et les fistules anales sont des affections ano-rectales courantes qui ont un impact significatif sur la qualité de vie des patients. Les hémorroïdes, caractérisées par un gonflement des veines du rectum ou de l'anus, touchent une partie importante de la population mondiale, avec une prévalence estimée entre 2,9 % et 29,7 % [1]. Les fistules anales, quant à elles, sont des canaux anormaux reliant le canal anal ou le rectum à la peau périanale, résultant souvent d'abcès. Ces affections présentent des défis cliniques considérables en raison de leurs diverses manifestations, de leur potentiel de récidive et de la nécessité de traitements préservant la fonction anale tout en résolvant efficacement la pathologie [2]. Cette revue vise à fournir un aperçu complet des études cliniques en cours et des progrès récents dans le traitement des hémorroïdes et des fistules anales, ciblant à la fois les patients en quête d'informations et les professionnels de la santé à la recherche de pratiques actualisées fondées sur des preuves. Il est essentiel de noter que cet article est destiné à des fins d’information uniquement et ne constitue pas un avis médical. Les lecteurs doivent toujours consulter un professionnel de la santé qualifié pour le diagnostic et le traitement de tout problème médical.
II. Traitements des hémorroïdes : un examen clinique
La prise en charge des hémorroïdes a considérablement évolué, englobant une gamme d'interventions conservatrices, en cabinet et chirurgicales. La sélection du traitement le plus approprié est souvent complexe, compte tenu de l'émergence continue de nouvelles techniques et de la variabilité de la présentation des patients.
A. Approches conservatrices
Les traitements conservateurs se concentrent principalement sur le soulagement des symptômes et constituent souvent la première ligne de prise en charge des cas les plus bénins. Des recherches récentes ont exploré l'isolement des ingrédients actifs des remèdes traditionnels à base de plantes pour développer de nouveaux produits et comprendre leurs mécanismes d'action. Par exemple, les phlébotoniques, tels que la fraction flavonoïde purifiée micronisée, ont démontré leur efficacité dans la prévention des récidives et dans le soulagement des symptômes post-hémorroïdectomie [1]. Les techniques émergentes incluent des formulations à base de plantes comme AnoSpray, qui ont montré leur potentiel dans la suppression des cytokines inflammatoires, et des extraits comme *Sageretia theezans*, qui affectent l'expression des gènes liés à l'inflammation [1].
B. Traitements en cabinet
Les procédures en cabinet conviennent généralement aux hémorroïdes de grade I-II et à certains cas de grade III, offrant un caractère moins invasif que les options chirurgicales.
- **Ligature par élastiques (RBL) :** La RBL reste un traitement en cabinet largement utilisé et efficace. Des études récentes ont étudié des techniques RBL modifiées, telles que celles utilisant une pression négative et des bobines élastiques, qui ont montré des avantages dans la réduction de la douleur postopératoire, des saignements et de la rétention urinaire par rapport à l'hémorroïdectomie excisionnelle traditionnelle (MMH) [1]. L'utilisation de clips en polymère, comme le BANANA-Clip, a également démontré des avantages en termes de taux de saignement retardés et de taux de réussite plus élevés à un an [1].
- **Sclérothérapie :** La sclérothérapie consiste à injecter une solution sclérosante pour induire une fibrose et un rétrécissement du tissu hémorroïdaire. Alors que la sclérothérapie traditionnelle a été comparée au RBL, l'avènement de nouveaux sclérosants, notamment le polidocanol sous forme de mousse, a retenu l'attention. Des études ont montré une grande satisfaction des patients et une réduction de la douleur avec la mousse de polidocanol à 2 % pour les hémorroïdes de grade II-IV [1]. Cependant, les inquiétudes concernant un choc anaphylactique potentiel avec le polidocanol nécessitent une validation plus approfondie de son innocuité et de son efficacité [1]. Le sclérobandage, une combinaison de RBL et de sclérothérapie à la mousse de polidocanol, s'est également révélé prometteur dans la réduction des complications et des récidives, même chez les patients sous traitement anticoagulant [1].
- **Coagulation infrarouge (IRC) :** L'IRC, qui utilise la chaleur pour coaguler le tissu hémorroïdaire, est progressivement remplacée par des méthodes alternatives basées sur l'énergie grâce aux progrès technologiques [1].
C. Traitements opératoires
Les traitements opératoires sont généralement réservés aux maladies hémorroïdaires plus avancées (grade III-IV) ou aux cas réfractaires aux approches conservatrices et en cabinet.
- **Hémorroïdectomie excisionnelle (EH) :** L'EH, y compris l'hémorroïdectomie de Milligan-Morgan et de Ferguson, est efficace pour les hémorroïdes externes symptomatiques ou internes de grade III-IV. Cependant, elle est associée à des douleurs postopératoires importantes et à des complications potentielles telles que la rétention urinaire, la sténose anale et l'incontinence fécale [1].
- **Hémorroïdopexie agrafée (SH) :** L'hémorroïdopexie par agrafes est moins douloureuse que l'HÉ, mais peut entraîner un taux de récidive plus élevé et des complications uniques telles que des fistules et des rétrécissements rectovaginaux. Les techniques SH modifiées, telles que la Technique de Sélection des Tissus (TST) et la technique de « suture large C », visent à réduire ces complications en évitant l'agrafage circulaire [1]. La recherche explore également l'impact de la hauteur d'agrafage et du temps de compression sur les résultats, des temps de compression plus longs montrant une tendance vers moins de complications [1].
- **Ligature de l'artère hémorroïdaire (HAL) :** HAL agit en bloquant l'apport sanguin hémorroïdaire, entraînant une fibrose tissulaire et une réduction du gonflement. Des études ont montré que HAL est efficace, même sans guidage Doppler, pour réduire la douleur postopératoire, l'utilisation d'analgésiques et les complications lorsqu'il est associé à des procédures d'excision comme MMH ou SH [1].
- **Traitements opératoires mixtes :** Pour les patients souffrant d'hémorroïdes internes et externes importantes, la combinaison de techniques chirurgicales s'est révélée prometteuse. Par exemple, il a été rapporté que la combinaison d’EH et de SH améliore la qualité de vie sans augmenter les complications [1]. De même, HAL associé à EH ou SH a démontré une douleur postopératoire plus faible, des séjours hospitaliers plus courts et des taux de récidive réduits par rapport aux procédures uniques [1].
D. Thérapies énergétiques
Les thérapies basées sur l'énergie visent à induire la nécrose et la fibrose du tissu hémorroïdaire grâce à diverses modalités d'apport d'énergie.
- **Thérapie énergétique des hémorroïdes (HET) :** les systèmes HET, tels que les appareils bipolaires, génèrent moins de chaleur que les méthodes plus anciennes comme l'IRC, réduisant ainsi potentiellement les dommages tissulaires collatéraux. Les résultats cliniques de l'HET ont montré une réduction de la douleur et des symptômes chez les patients de grade I-II [1].
- **Ablation par radiofréquence (RFA) :** la RFA, y compris la technique Rafaelo, utilise des ondes radio pour induire une plicature de la muqueuse ano-rectale. Bien que les études rapportent de faibles taux de complications et de récidives avec une satisfaction élevée des patients, le niveau de preuve est considéré comme faible en raison du manque d'essais contrôlés randomisés [1].
- **Hémorroïdoplastie au laser (LH) :** LH implique l'utilisation d'un laser à diode pour coaguler le tissu hémorroïdaire. Des méta-analyses comparant la LH à l'hémorroïdectomie conventionnelle ont montré des avantages en termes de durée chirurgicale plus courte, de saignements peropératoires moindres, de douleur postopératoire moindre et de retour plus rapide aux activités quotidiennes. La LH démontre également de meilleurs résultats que la RBL en termes de douleur et de saignement [1]. Cependant, la plupart des études ont des périodes de suivi limitées (jusqu'à 1 an) et l'avantage évident par rapport à l'hémorroïdectomie conventionnelle, compte tenu des coûts similaires à l'ARF, est encore débattu [1].
E. Traitements interventionnels
Les traitements interventionnels nécessitent généralement des paramètres autres que les cliniques externes ou les salles d'opération.
- **Technique des emborrhoïdes :** cette technique implique l'embolisation des vaisseaux hémorroïdaires par angiographie. Bien que généralement signalés comme sûrs et efficaces, il y a eu de rares cas de complications telles que l'ischémie rectosigmoïde, nécessitant une sélection minutieuse des patients et une prise de conscience des risques potentiels [1].
- **Traitements endoscopiques :** l'endoscopie flexible offre une flexibilité et une imagerie améliorées pour des procédures interventionnelles plus précises. La RBL endoscopique, la sclérothérapie et la HET ont été rapportées, mais les études n'ont pas systématiquement démontré une supériorité pratique sur les méthodes traditionnelles existantes [1].
III. Traitements de la fistule anale : une revue clinique
Le traitement de la fistule anale présente un défi important en raison du risque de récidive et de son impact potentiel sur la continence anale. L'objectif principal est d'éradiquer la lésion infectée, d'assurer un drainage adéquat et de favoriser la fermeture de la fistule tout en préservant la fonction du sphincter anal [2].
A. Approches chirurgicales (traditionnelles et épargnant le sphincter)
- **Fistulotomie :** cette approche chirurgicale traditionnelle est efficace pour les fistules anales simples, en particulier dans les cas distaux [2].
- **Techniques Seton :** Les setons sont utilisés pour favoriser le drainage et la guérison progressive. La coupe des Setons, bien qu'efficace, a été associée à des taux élevés d'incontinence anale postopératoire [2]. Les Setons de drainage (Setons lâches) visent à préserver le sphincter et à réduire l'incontinence, et des études ont exploré leur combinaison avec des agents biologiques comme l'infliximab pour améliorer les résultats, en particulier dans les fistules périanales induites par la maladie de Crohn [2].
- **Lambeau d'avancement endorectal (ERAF) :** L'ERAF est une technique d'épargne du sphincter qui consiste à faire avancer un lambeau de muqueuse rectale pour recouvrir l'ouverture interne de la fistule.
- **Ligation du trajet de la fistule intersphinctérienne (LIFT) :** La procédure LIFT vise à identifier et à ligaturer le trajet de la fistule dans l'espace intersphinctérien, évitant ainsi d'endommager les muscles du sphincter.
- **Fistule au laser (FiLaC) :** FiLaC utilise l'énergie laser pour procéder à l'ablation et à la fermeture du trajet de la fistule.
- **Traitement de la fistule anale assisté par vidéo (VAAFT) :** Le VAAFT est une technique mini-invasive qui utilise un endoscope pour visualiser et traiter le trajet de la fistule.
B. Thérapies émergentes et combinées
Ces dernières années ont vu le développement de thérapies innovantes et combinées pour améliorer les taux de guérison et minimiser les complications.
- **Colle de fibrine :** la colle de fibrine est un scellant biologique utilisé pour remplir et fermer le trajet de la fistule.
- **Plug de fistule anale :** Différents types de bouchons, notamment les bouchons de collagène et les bouchons recouverts de cellules stromales mésenchymateuses (MSC), sont utilisés pour obstruer le tractus de la fistule et favoriser la guérison. Des études sont en cours pour déterminer la sécurité et l'efficacité des bouchons recouverts de MSC, en particulier pour les fistules rectovaginales [5].
- **Cellules souches adipeuses (ASC) :** les traitements par cellules souches, en particulier à l'aide de ASC, ont montré des résultats prometteurs pour les fistules anales, avec des taux de guérison plus élevés observés dans les fistules anales de Crohn par rapport aux fistules cryptoglandulaires [4].
- **Over-the-Scope Clip (OTSC) :** L'OTSC est un nouveau traitement mini-invasif pour les fistules anales, démontrant des taux de guérison prometteurs, certaines études faisant état de plus de 75 % de succès [3].
IV. Défis et orientations futures
Malgré des progrès significatifs, plusieurs défis persistent dans l'étude clinique et le traitement des hémorroïdes et des fistules anales. Il existe un besoin crucial de **standardisation des protocoles**, y compris les méthodes d'anesthésie et le positionnement du patient, pour garantir une évaluation et une comparaison précises de l'efficacité du traitement [1]. La **variabilité des définitions** des affections, des récidives et du respect des modifications postopératoires du mode de vie complique également l'interprétation des résultats des études [1]. De plus, un **manque notable de recherche sur le rapport coût-efficacité** entrave l'évaluation de la question de savoir si les technologies avancées justifient leurs dépenses pour des résultats similaires [1]. Les recherches futures devraient donner la priorité aux **essais contrôlés randomisés prospectifs multicentriques avec des échantillons de grande taille et un suivi à long terme** pour valider l'efficacité et la sécurité des thérapies émergentes [2].
V. Conclusion
Le paysage des traitements des hémorroïdes et de la fistule anale évolue continuellement, les recherches en cours conduisant à des approches plus raffinées et moins invasives. De la sclérothérapie RBL modifiée et mousse de polidocanol pour les hémorroïdes aux techniques avancées d'épargne du sphincter et aux thérapies par cellules souches pour les fistules anales, l'accent reste mis sur l'amélioration des résultats pour les patients tout en minimisant l'inconfort et les récidives. Cependant, le chemin vers un traitement optimal est en cours, avec un besoin évident d’études cliniques plus rigoureuses, de standardisation et d’analyses coût-efficacité. En fin de compte, des stratégies de traitement personnalisées, éclairées par les dernières preuves cliniques et adaptées aux besoins individuels des patients, sont primordiales pour une gestion efficace de ces conditions difficiles.
VI. Avis de non-responsabilité
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Le contenu fourni ici n’est pas destiné à remplacer un avis médical professionnel, un diagnostic ou un traitement. Demandez toujours l’avis de votre médecin ou d’un autre professionnel de la santé qualifié pour toute question que vous pourriez avoir concernant un problème de santé. Ne négligez jamais un avis médical professionnel et ne tardez jamais à le demander en raison de quelque chose que vous avez lu dans cet article.
VII. Références
- [1] Kang, SI (2025). Dernières tendances de recherche sur la gestion des hémorroïdes. *Journal de l'anus, du rectum et du côlon*, 9(2), 179-191. [https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12035339/](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12035339/)
- [2] Ji, L., Zhang, Y., Xu, L., Wei, J., Weng, L. et Jiang, J. (2021). Progrès dans le traitement de la fistule anale : une mini-revue des études cliniques récentes de cinq ans. *Frontiers in Surgery*, 7, 586891. [https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7905164/](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7905164/)
- [3] Eid, M. (2025). Une revue systématique et une méta-analyse des résultats du clip over-the-scope pour les fistules anales. *Chirurgie*, 177(1), 105-112. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0039606025005215](https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0039606025005215)
- [4] Wang, H., Jiang, H. Y., Zhang, Y. X., Jin, H. Y. et Fei, B. Y. (2023). Transplantation de cellules souches mésenchymateuses pour les fistules périanales : une revue systématique et une méta-analyse des essais cliniques. *Recherche et thérapie sur les cellules souches*, 14(1), 1-15. [https://link.springer.com/article/10.1186/s13287-023-03331-6](https://link.springer.com/article/10.1186/s13287-023-03331-6)
- [5] Lu, MY (2025). Diagnostic et traitement de la fistule anale : une revue systématique de la pratique clinique actuelle. *Frontiers in Surgery*, 12, 12263552. [https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12263552/](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12263552/)
VIII. Mots-clés
Traitements des hémorroïdes, traitements de la fistule anale, études cliniques, examen médical, proctologie, procédures mini-invasives, techniques chirurgicales, traitements non chirurgicaux, dispositifs médicaux, soins aux patients, professionnels de santé, référencement, avis de non-responsabilité concernant les avis médicaux.
IX. Méta-description
Explorez une revue complète des études cliniques sur les traitements des hémorroïdes et des fistules, couvrant les approches conservatrices, en cabinet, opératoires, énergétiques et interventionnelles. Comprenez les dernières avancées, l'efficacité et les défis en proctologie pour les patients et les professionnels de la santé. Cet article est fourni à titre informatif uniquement et non pour un avis médical.
